Sustainable Growing

Des recherches pour renforcer la résistance des zones racinaires

Les organisations et les chercheurs universitaires spécialisés dans les serres horticoles recherchent en permanence des solutions innovantes pour lutter contre les maladies des plantes, qu'elles soient nouvelles ou existantes, à l'aide de moyens naturels. Grodan, sous la direction de Peter Spoor, directeur Applications et développement, participe actuellement à des projets de recherche aux niveaux national et international dans le but de mieux comprendre le rôle et la fonction des micro-organismes dans les substrats. Dans cet entretien, Peter Spoor explique l'intérêt que représentent ces études pour le secteur. « En stimulant et orientant la vie microbiologique, la plante devient plus résistante et peut ainsi lutter plus facilement contre les pathogènes. »

Grodan beauty of horticulture series

Dans quels domaines la société Grodan concentre-t-elle ses recherches ?

Peter Spoor : « Nous savons qu'il existe d'innombrables micro-organismes dans les zones racinaires de nos substrats et ces micro-organismes vivent en synergie avec la plante. Nous savons même que la laine de roche contient à peu près la même quantité de micro-organismes que les sols « normaux » (à l'exception des champignons, qui en contiennent un peu moins). Ces micro-organismes se comportent comme ceux de votre flore intestinale. S'ils se comportent correctement, ils auront un effet positif sur votre corps, votre résistance et votre santé. Dans nos recherches sur les micro-organismes, nous étudions la flore dans la zone racinaire de nos substrats. Ces dernières années, ces micro-organismes suscitent un plus grand intérêt, car ils peuvent contribuer à lutter naturellement contre les pathogènes. En stimulant et orientant la vie microbiologique, la plante devient plus résistante et peut ainsi lutter plus facilement contre les pathogènes. Ce qui permet de réduire encore plus l'utilisation des pesticides dans le secteur. »

Comment menez-vous vos recherches dans ce domaine ?

« Actuellement, le secteur et le monde universitaire cherchent avant tout à mieux comprendre le rôle et la fonction de la vie microbiologique dans la zone racinaire. L'objectif est d'intégrer les découvertes faites et d'optimiser notre mode de culture. Grodan participe à des projets de recherche aux niveaux national et international. Dans le cadre de ces projets, nous étudions le type de vie microbiologique présent dans nos substrats existants, sa réaction à certains pathogènes et à la manière de stimuler une vie microbiologique encore plus efficace dans ces substrats. Par exemple, nous cherchons à savoir s'il est possible d'avoir une influence sur le développement de ces micro-organismes en contrôlant d'autres composants du substrat, tels que les valeurs du pH, les nutriments et l'oxygène. Enfin, ces études visent à imiter au maximum la nature et elles doivent nous permettre d'apprendre comment nous pouvons lutter contre les maladies en ayant une démarche préventive, naturelle. Nous voulons comprendre comment les micro-organismes dans la zone racinaire interagissent avec la plante et comment ils se renforcent pour lutter contre les pathogènes existants et nouveaux. »

Pourquoi le secteur des serres horticoles s'intéresse-t-il plus à la vie microbiologique aujourd'hui ?

« Premièrement, tous les acteurs du secteur, y compris Grodan, s'engagent à limiter le plus possible l'utilisation des pesticides. C'est une priorité du secteur depuis de nombreuses années qui est de plus en plus confortée par la demande de la société. Les consommateurs ne veulent plus d'aliments cultivés avec des pesticides. Les revendeurs font donc pression sur les producteurs pour qu'ils n'en utilisent plus. Au niveau européen, le Pacte vert vise également à faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre d'ici 2050. La stratégie « De la ferme à la fourchette » occupe une place prépondérante et elle vise à mettre en place un système alimentaire équitable, sain et écologique. D'autre part, la législation, la réglementation et la pression en faveur de la réduction des pesticides sont renforcées. Nous voulons et devons jouer un rôle dans ce domaine.

Pour contribuer à un système alimentaire plus durable, nous continuons à chercher des moyens naturels de lutter contre les maladies des plantes. C'est un véritable défi, car les producteurs sont en permanence confrontés à de nouvelles maladies engendrées par le changement climatique. La température augmentant, les pathogènes ont plus de chances de se multiplier et de survivre dans nos régions du nord où le climat était autrefois plus froid. Par conséquent, nous devons trouver de nouvelles méthodes pour aider les producteurs à lutter naturellement contre les pathogènes. Une tâche plutôt complexe, mais importante. »

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Comment allez-vous impliquer les producteurs ?

« Nous sommes toujours en pleine phase de recherche, mais notre objectif est de mettre au point des substrats dans lesquelles les micro-organismes peuvent se développer et offrir une très bonne capacité de résistance. Nous étudions actuellement ce que nous pouvons ajouter ou adapter dans nos substrats pour créer et stimuler une vie microbiologique. Parallèlement, nous cherchons avec des partenaires comment nous pouvons mieux aider et conseiller les producteurs sur la manière de contrôler leurs substrats afin que la vie microbiologique dans la zone racinaire puisse offrir une résistance maximale. Par exemple, nous étudions comment les producteurs peuvent contrôler la résistance d'une plante en ajustant différents composants dans le substrat, ou en ajoutant des agents microbiologiques provenant d'organisations telles que Koppert (en fait un « Yakult » ou une autre boisson probiotique pour la plante). Nous travaillons sur ces études depuis 10 ans, et c'est formidable de voir que ce secteur suscite aujourd'hui plus d'intérêt. »

Comment ces études s'intègrent-elles dans la stratégie globale de Grodan ?

« Notre objectif est de mettre au point nos substrats pour qu'ils aident le producteur à cultiver des légumes et des fruits de la manière la plus efficace, précise et durable possible tout en limitant au maximum l'utilisation de pesticides. Nous nous focalisons sur les conseils et le développement d'une zone racinaire forte. Dans le cadre d'autres études, mon équipe étudie également l'utilisation des capteurs dans les substrats pour contrôler précisément la croissance des plantes grâce à des données fournies en temps réel.  Nous étudions également les avantages et les risques liés à l'utilisation de fertilisants biologiques. Toutes ces études sont destinées à rendre la zone racinaire des plantes plus résistante pour que les producteurs puissent adopter un mode de culture durable et efficace. Selon moi, dans les années à venir, nous verrons un grand nombre d'innovations et de développements dans le secteur et dans le domaine de la résistance des plantes. Je suis donc très heureux de pouvoir, au nom de Grodan, contribuer à cette avancée grâce à ces études. »

Fils d'un émigrant néerlandais, Peter Spoor est né et a grandi au Canada. Il a étudié la chimie à l'université de Waterloo (à côté de Toronto) et est toujours un fervent supporteur du club de basket-ball, les Raptors. Il a désormais passé plus de la moitié de sa vie aux Pays-Bas où il a obtenu son doctorat (en technologie chimique) à l'université technique d'Eindhoven. Peter a intégré Grodan via Stork il y a près de huit ans, et il occupe aujourd'hui le poste de directeur Applications et développement.

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